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Édition du vendredi 21 juillet 2023
Politique
La newsletter du service politique du « Monde » prend une pause estivale et vous donne rendez-vous le 25 août. Bonnes vacances !

L’INFO DE LA SEMAINE


Remaniement : Emmanuel Macron place ses fidèles

Le gouvernement Borne 3 est enfin connu. Après quatre jours et quatre nuits de réflexions entre Emmanuel Macron et Elisabeth Borne visant à préserver les équilibres entre les différents partis de la majorité (Renaissance, MoDem et Horizons), la composition de la nouvelle équipe gouvernementale a été distillée au compte-gouttes, jeudi 20 juillet : quarante ministres et secrétaires d’Etat, intégrant huit nouveaux membres et actant huit départs.

Lire aussi : Remaniement : qui sont les membres du nouveau gouvernement d’Elisabeth Borne ?

Ce nouveau casting signe l’échec de figures de la société civile engagées en 2022, remplacées par de purs politiques. Le président de la République et la première ministre ont pioché dans le vivier de l’Assemblée nationale, en recrutant six députés du camp présidentiel. Parmi eux, cinq élus du groupe Renaissance : Aurore Bergé, leur ancienne cheffe de file à l’Assemblée, fait son entrée au ministère des solidarités ; Thomas Cazenave (Gironde) obtient le budget ; Sabrista Agresti-Roubache (Bouches-du-Rhône) devient secrétaire d’Etat chargée de la ville ; Prisca Thévenot (Hauts-de-Seine), secrétaire d’Etat chargée de la jeunesse et du service national universel ; Fadila Khattabi (Côte-d’Or), ministre déléguée chargée des personnes handicapées. Côté MoDem, Philippe Vigier (Eure-et-Loir) devient ministre délégué chargé des outre-mer.

Lire aussi : Remaniement : huit arrivées pour un nouveau gouvernement Borne au profil plus politique

L’ancien ministre délégué chargé des comptes publics, Gabriel Attal, obtient le ministère de l’éducation nationale, en remplacement de Pap Ndiaye. Seul élu local à faire son entrée, le maire (divers gauche) de Dunkerque (Nord), Patrice Vergriete, est nommé ministre délégué au logement, à la place d’Olivier Klein.

Enfin, la médiatique Marlène Schiappa quitte son poste. La secrétaire d’Etat à la vie associative et à l’économie sociale et solidaire était fragilisée depuis sa mise en cause dans le scandale du fonds Marianne.

Aucune prise n’est recensée parmi les membres du parti Les Républicains, enterrant l’espoir un temps caressé par M. Macron d’élargir sa majorité parlementaire. La menace d’une censure du gouvernement à l’automne, à l’occasion de l’examen du projet de loi sur l’immigration ou du budget, reste donc l’épée de Damoclès suspendue au-dessus de cette nouvelle équipe.

Lire l’éditorial du « Monde » : L’étrange remaniement du gouvernement Borne 3

Vendredi matin, à l’ouverture du premier conseil des ministres de sa nouvelle équipe gouvernementale, Emmanuel Macron a déclaré avoir choisi « la continuité et l’efficacité pour les temps qui viennent », avant de lister quatre sujets d’« urgence » pour l’été : apporter une « réponse profonde » aux émeutes, la sécheresse, le prix de l’énergie et l’accès aux soins.



L’IMAGE DE LA SEMAINE

CYRIL BITTON / DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Sa nomination, en mai 2022, avait été un symbole. L’historien Pap Ndiaye, spécialiste des minorités, ne fait plus partie du gouvernement Borne. En un peu plus d’un an d’exercice, l’intellectuel a su apporter de l’apaisement au sein de la communauté éducative, mais, raillé par certains pour sa méconnaissance du système, chargé de dossiers sensibles et complexes et peu soutenu par ses collègues, il a assuré, lors de la passation des pouvoirs avec son successeur, Gabriel Attal, avoir vécu l’année « sans doute la plus intense, et peut être la plus âpre de [son] existence ». Pris pour cible, dès sa prise de fonctions, par l’extrême droite, Pap Ndiaye avait qualifié, au début de juillet, la chaîne CNews de « média d’extrême droite », ce qui lui avait valu de nombreuses critiques de la part des membres des Républicains et du Rassemblement national et presque aucun soutien au sein de l’exécutif. Pour redonner de la visibilité au ministère, Elisabeth Borne et Emmanuel Macron lui ont préféré l’ex-ministre délégué aux comptes publics, Gabriel Attal, 34 ans, l’un des « VRP » les plus rodés de la Macronie.

Lire aussi : Pap Ndiaye quitte le gouvernement, la faillite d’un symbole



LE CHIFFRE


356 milliards d’euros

Les dépenses de l’Etat devraient diminuer de 4,2 milliards d’euros en 2024 par rapport à 2023, d’après les premiers documents budgétaires transmis aux parlementaires. « Cela représente une baisse de 3,5 % en tenant compte de l’inflation », affirme le ministère des finances, qui évoque un effort « d’une ampleur inédite au moins depuis 2015 ». Les « lettres plafonds », qui fixent les ressources allouées aux différents ministères, devraient être envoyées prochainement et répondre à trois impératifs : le désendettement, le « réarmement des services publics » que sont la défense, l’intérieur, la justice et l’éducation, et, enfin, le financement de la transition écologique. Pour l’exécutif, il s’agit d’envoyer des signaux forts aux investisseurs qui achètent de la dette française et à la Commission européenne, alors que Paris a promis de ramener son déficit au-dessous de 3 % du PIB en 2027, contre 4,9 % prévus pour 2023. Surtout, la France se trouvera à nouveau dans le radar des agences de notation cet automne, en plein examen du budget 2024 au Parlement.

Lire aussi : Budget 2024 : l’Etat se recentre sur les fonctions régaliennes et la transition écologique



LA PHRASE

« On attendait de Mélenchon qu’il soit Mitterrand, il a continué à faire du Che Guevara »

Jérôme Guedj, député socialiste de l’Essonne

Déjà fragilisée par des dissensions lors des débats sur la réforme des retraites, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) s’enfonce dans la crise et les divisions entre les quatre partis qui la composent (Parti socialiste, La France insoumise, Parti communiste et Europe Ecologie-Les Verts) n’ont jamais été aussi criantes, après à peine un an d’existence. Le leader des « insoumis », Jean-Luc Mélenchon, concentre les critiques, alors que son parti a refusé d’appeler au calme au moment des émeutes survenues après la mort de Nahel M., le 27 juin, à Nanterre. Depuis des mois, M. Mélenchon est soupçonné de vouloir se débarrasser de l’encombrante Nupes, qui ne ferait pas de lui le candidat naturel de la gauche à la présidentielle de 2027. Pour ce faire, il tenterait de mettre l’alliance sous tension et de profiter des prochains rendez-vous électoraux – sénatoriales en septembre, puis des européennes en 2024 –, pour la faire craquer, en faisant porter la responsabilité de la rupture à ses partenaires.

Lire aussi le récit : A la Nupes, divisions à tous les étages



LE DÉCRYPTAGE

« Uber Files » : la commission d’enquête parlementaire conclut que l’Etat a « échoué à faire respecter la loi »

Dans leur rapport publié mardi, un an après les révélations du « Monde » et de ses partenaires, les députés critiquent la faiblesse des autorités et la complaisance d’Emmanuel Macron dans ce dossier.

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LA SEMAINE POLITIQUE

Vincent Jeanbrun, maire de L’Haÿ-les-Roses et nouveau visage de la droite des banlieues

L’élu Les Républicains est devenu le symbole des élus en première ligne contre les violences, depuis l’attaque de son domicile durant les émeutes urbaines. Sa nouvelle notoriété lui donne l’occasion de porter un discours différent dans sa famille politique.

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Accusé de conflit d’intérêts, Marc Ferracci renonce à être corapporteur du projet de loi « plein-emploi »

Le député macroniste est mis en cause par le site d’information « Blast » pour un potentiel conflit d’intérêts, qu’il conteste vigoureusement en disant être victime d’« affirmations mensongères ».

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Impôts : l’écart entre les grands groupes et les PME se réduit

Selon un rapport de la commission des finances de l’Assemblée nationale, publié mercredi 19 juillet, la moitié des entreprises du CAC 40 ont toutefois déclaré un montant d’impôt sur les sociétés inférieur à 18 millions d’euros au titre de 2021.

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Jean-Denis Combrexelle, nouveau bras droit d’une Elisabeth Borne confortée à Matignon

La première ministre a annoncé, lundi, avoir choisi un spécialiste du code du travail, dont les aptitudes « intellectuelles » sont vantées à gauche comme à droite, pour diriger son cabinet. Même les partenaires sociaux saluent son arrivée.

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L’AGENDA


Dimanche 23 juillet

Pacifique. Départ d’Emmanuel Macron pour un voyage en Nouvelle-Calédonie. Le chef de l’Etat se rendra ensuite au Vanuatu, le 27 juillet, puis en Papouasie-Nouvelle-Guinée, le 28 juillet, avant de regagner Paris.

Assemblée nationale. Début de la pause estivale pour les députés. Ces derniers, comme les sénateurs (partis depuis le 21 juillet) devraient reprendre leurs travaux la semaine du 25 septembre.




DÉBATS ET IDÉES

Najat Vallaud-Belkacem : « Ce n’est pas pour ce qu’il a fait ou pas fait que Pap Ndiaye quitte son ministère, c’est pour ce qu’il représente »

Les dernières semaines ont montré que Pap Ndiaye, ministre de l’éducation durant quatorze mois, était surtout un homme seul au sein d’un gouvernement et d’une majorité se refusant à lui accorder le moindre soutien, souligne, dans une tribune au « Monde », Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre.

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L’AUTRE SUJET DE LA SEMAINE

A la Commission européenne, l’approche des élections provoque des départs et fait naître des ambitions

Frans Timmermans a annoncé jeudi vouloir prendre la tête d’une liste sociale-démocrate verte aux élections néerlandaises à l’automne 2023.

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Frans Timmermans au Parlement européen, à Strasbourg, le 24 novembre 2021. JULIEN WARNAND / AP

A un peu moins d’un an avant les élections européennes, prévues en juin 2024, la Commission connaît ses premiers départs. Jeudi 20 juillet, Frans Timmermans, le vice-président chargé du Pacte vert, a annoncé vouloir prendre la tête d’une liste sociale-démocrate verte aux élections néerlandaises prévues à l’automne 2023. Le 21 juin, son homologue Margrethe Vestager, chargée des questions de concurrence, confirmait présenter sa candidature à la présidence de la Banque européenne d’investissement, qui sera vacante à la fin de 2023.

Appelée à aider à la formation d’un gouvernement en Bulgarie, Mariya Gabriel a également quitté son poste de commissaire à l’innovation en mai. Elle devrait être remplacée par Iliana Ivanova, qui héritera du même portefeuille. Cette ancienne membre de la Cour des comptes européenne doit encore être auditionnée par le Parlement européen en septembre, avant d’être officiellement nommée.

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